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Le Saint Patron de Plaudren

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L'évêque Saint Bili (ou Bily)

L'histoire

Né vers 840 dans une paroisse des environs de Redon (peut-être Bains sur Oust ou Saint Just), en limite du diocèse de Vannes, et de celui de Saint Malo. Il est mort à Plaudren un 23 juin d'une année située entre 913 et 919.

Il fut ordonné diacre à Aleth et nommé secrétaire de l'évêque de cette même ville, Rétualatr (qui siégea de 848 à 866)

C'est une époque trouble pour la Bretagne : cette période est le cadre d'un conflit séculaire opposant le Royaume des Francs à l'Etat Breton en cours de consolidation, au moment où l'invasion des vikings concernait toute l'Europe. Les "Rois des Francs" mènent de fréquentes expéditions en Bretagne, cherchant à soumettre les princes Bretons récalcitrants, tels Morvan, Nominoé, Erispoé ou encore Wihomar ou Salomon.

C'est aussi l'époque des pillages et des saccages orchestrés par les Vikings. Les princes Bretons poursuivent, avec acharnement, la guerre contre ces guerriers qui sont fortement installés en Basse Seine et Val de Loire. Ces impitoyables vikings seront battus à Questembert en 879. Mais ils sauront profiter des dissensions entre princes Bretons pour se rétablir et finissent par contrôler la quasi totalité du pays à la fin du IXe siècle. Ils se livreront à la destruction systématique de toute région située entre la Vilaine et le Blavet à partir de 915 et les années suivantes.

C'est dans un tel contexte de tensions et de guerre que se situe la vie de Saint Bili, lequel est chargé par son évêque de deux missions :

Il dût réécrire la vie du fondateur de l'évêché d'Aleth, Saint-Malo. Le document premier ayant disparu avec les archives de l'évêché dans l'incendie de la ville au cours de la Révolte paysanne de 811.

Plus difficile encore, il dût rapatrier les reliques de Saint-Malo à Aleth. L'opération, décidée dès 840 par Nominoé, fut longtemps différée en raison de l'occupation de la rive orientale de la Vilaine par les Vikings jusque la victoire de Questembert. C'est vers 880 qu'un véritable "commando" mena l'opération délicate. Le succès rapporta une grande renommée à Saint Bili et le soutien d'Alain Le Grand.

C'est donc naturellement qu'à la mort de l'évêque de Vannes, en 892, que le siège vacant sera attribué au diacre Bili.

Revenons à cette période de dissension entre les princes Bretons. Les vikings apprennent la mort d'Alain Le Grand et ont repris leurs opérations de destruction et de pillage. Ils s'emparent de Nantes pour la deuxième fois. Vannes est à son tour conquise, et la population réagit de la même façon, par la fuite. L'expédition de Vannes sera la plus sanguinaire de toutes, rien ni personne n'est épargné, pas même les bêtes.

L'évêque Bili est sans doute réfugié à sa résidence de Plaudren, mais assure ses activités pastorales, tant dans son diocèse qu'aux alentours, car son nom est encore cité dans des actes quimpérois et nantais : les évêques titulaires ont pris la fuite. Toutes les paroisses sont anéanties entre la Vilaine et le Blavet et vont demeurer durablement privées de leur population, jusqu'au retour d'Alain Barbetorte.

A son retour, il désire faire revenir d'exil la population mais il n'y parviendra que partiellement. Il sera contraint d'accueillir des immigrants venus des régions voisines de Francie occidentale.

Ceux-ci s'expriment dans un idiome roman. On attribue de nouveaux saints dans les paroisses nouvelles, puisque l'identité des anciens titulaires n'est même pas connue !

C'est aussi à cette période que la langue bretonne va connaître son plus grand recul à l'est du pays. La géographie conserve des toponymes bretons anciens en pays gallo, mais les nouveaux venus ont imposé l'usage de leur idiome d'origine au détriment du breton qu'on y parlait avant.

C'est à cette période charnière que l'évêque Bili disparaît, sauvagement exécuté par les Vikings. Il figure comme martyr à la cathédrale de Vannes en date du 23 juin, sans que l'on puisse fixer de façon certaine l'année de sa mort (915 d'après la tradition ou peut-être 919, année de la plus grande désolation du pays de Vannes)

Le siège de l'évêché restra vide un certain temps, au moins jusqu'en 950, mais il faudra attendre 970 pour que le diocèse reprenne des activités normale sous l'autorité de l'évêque Auriscand (970-991)

La tradition

Le beau calvaire de Saint Bili, dans le village du même nom et non loin de la chapelle dédiée,  a été bâti sur le lieu présumé du martyr éponyme. Le corps du saint aurait été inhumé dans l'oratoire primitif.

La chapelle actuelle est elle-même fort ancienne sans que l'on sache la date précise de son édification (peut-être du XIIe siècle au moment où la nouvelle paroisse a été constituée et placée sous le patronnage de Saint Bili)

La chapelle actuelle fait suite à l'oratoire primitif bâti en bois ou en pisé (Ti Mottad) à l'instar de la plupart des constructions de cette époque.

 

 

La pierre que l'on nomme aujourd'hui encore par "trône de Saint Bili" et que les gens du village prétendent qu'il y rendait justice, peut encore se découvrir en contrebas du village, à droite dans un bosquet.

On dit aussi que l'auteur du crime contre Saint Bili n'était autre que le seigneur viking de Kervasic à qui l'évêque aurait reproché sa conduite immorale avec véhémence. On dit aussi que le Saint homme, blessé à mort par son terrible voisin, (il aurait eu la tête tranchée !) aurait cependant pu aller à pied de Guervasy à l'emplacement actuelle de la fontaine, et que l'herbe pousserait avec une vigueur particulière sur la trace de ses pas.

Saint Bili a été le témoin et la victime exemplaire de l'extrême dureté de son temps, l'une des plus tragiques de Bretagne.

Les Plaudrinois du XIIe siècle ont su reconnaître la qualité héroïque de ses mérites en lui dédiant le patronnage de leurt commune.

 

 

Aujourd'hui encore, peut-être de manière à saluer toujours sa mémoire, son nom est conféré aux garçons et filles de Plaudren (Bili et Bilienne)

 

La tradition se manifeste aussi par la fidélité et la réussite du Pardon et de la fête populaire du quartier annuels (le troisième dimanche d'août) On peut entendre ce jour-là le cantique à Saint Bili : "Gloér hag inour d'hor patrom sant Bili. Gloér hag inour d'hon tad karantéüz..." (Honneur et gloire à Saint Bili, notre saint patron, honneur et gloire à notre père affectueux)

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