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Pays des Korrigans

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Les Korils de Plaudren

Il y avait autrefois dans le pays du blé blanc et dans celui de la pointe de terre, une race de korrigans partagée en quatre peuplades qui habitaient les bois, les landes, les vaux et les métairies. L'activité humaine les amène à devenir plus discret, mais gare au visiteur trop imprudent... Ces peuplades sortent encore parfois de terre pour enchanter le promeneur égaré !

 

Ceux qui habitent les bois s'appellent les kornikaned, parce qu'ils chantent dans de petites cornes qu'ils portent suspendues à leur ceinture.

Ceux qui habitent les landes s'appellent Korils parce qu'ils passent toutes les nuits à danser des rondes au clair de lune.

Ceux qui habitent les vaux s'appellent les poul-pikans, c'est-à-dire qu'ils ont leurs terriers dans les lieux bas.

Ceux qui habitent les prés marécageux, les tourbières et les blés noirs sont les teuz ou bugel noz, petits hommes noirs malins qui peuvent être domestique et bienveillant ou au contraire espiègle.

Voilà pour la présentation des genres de korrigans qui peuplent la Bretagne. Mais à Plaudren, il fut un temps où les Kornikaned, poul-pikan et korils furent si nombreux que nul ne s'aventurait dans la lande la nuit venue.

Il y avait à Plaudren une lande nommée Motten Dervenn (La motte des chênes) dans laquelle se trouvait un grand village de korils que l'on peut voir encore aujourd'hui. Toute la nuit, ceux-ci dansaient dans des rondes effrénées, et celui qui osait alors traverser la lande était sûr d'être entrainé dans leur ronde et forcé de tourner avec eux jusqu'au premier chant du coq...

Cependant, un soir, Bénéad Guilcher, qui revenait avec sa femme d'un champ où il avait mené la charrue, prit la lande hantée pour raccourcir son chemin. Il n'était pas encore tard, et il espérait que les korils n'auraient point commencer leur danse.

Mal lui en prit, car au milieu de Motten Dervenn, il les aperçu éparpillés autour de grandes pierres. Il voulut retourner en arrière lorsqu'il entendit les cornes des kornikaned et les cris des poul-pikans retentirent derrière lui.

"Sainte Anne ! Nous sommes perdus, car voici les kornikaned et les poul-pikans qui viennent rejoindre les korils pour mener le bal de la nuit ! Ils nous forceront à danser toute la nuit et mon pauvre coeur ne pourra tenir !" dit à sa femme le bon Bénéad.

Aussitôt dit, aussitôt Bénéad et sa femme furent encerclés par les korrigans. Ils s'écartèrent à la vue de sa petite fourche à nettoyer la charrue qu'il tenait en main.

"Laissons-le, laissons-la, fourche de charrue il a ; laissons-la, laissons-le, la fourchette est avec eux !" chantèrent en coeur les petits êtres.

Bénéad comprit que sa fourche était un instrument magique contre le petit peuple, et il put repartir sans crainte. Tout le pays s'arma depuis de petite fourche lorsqu'il revenait par la lande.

Je ne vous l'ai pas encore dit, mais Bénéad était d'esprit curieux et subtil, et portait une particularité de naissance : une bosse placée juste entre les deux épaules et dont il eût bien voulu se défaire à tout prix !

Sa curiosité le dévorait, et bien que content d'avoir rendu service aux Bretons en les armant de fourchettes, il désirait en savoir plus sur ce petit monde mystérieux.

Un soir, il décida de reprendre le chemin de Motten Dervenn. Au milieu de la lande, il entendit s'agiter les herbes hautes, les ajoncs et genêts et murmurer "c'est Bénéad Guilcher !" Les korils l'avaient reconnu.

"Je viens vous faire une visite de voisinage" osa Bénéad. "Sois le bienvenu. Veux-tu danser avec nous ?"

"Faites excuses, mais vous avez l'haleine trop longue pour un pauvre infirme comme moi." répliqua le laboureur. "Nous nous arrêteront quand tu voudras" crièrent les korils.

"Me le promettez-vous ?" insista l'homme qui n'eût pas été fâché d'essayer la ronde, ne serait-ce que pour le raconter à tout Plaudren.

"Promis !" reprirent ensemble les gnômes.

La ronde se mit à tourner et les korils de reprendre leur chant :"Lundi, mardi, mercredi.. Lundi, mardi, mercredi" Au bout de quelques instant, Bénéad s'arrêta : "Sauf votre respect, votre chant et votre danse me paraîssent peu variés. Vous vous arrêtez trop tôt dans la semaine, et sans être une rime habile, je crois pouvoir allonger le refrain"

 

"Voyons, voyons !" s'enthousiasmèrent les petits nains. Alors notre bossu reprit "Lundi, mardi, mercredi... jeudi, vendredi, samedi" en leur apprenant le Drao, une danse du pays Gallo tout proche.

Toujours avide de paroles et de danses nouvelles, les korils dirent tous à la fois : "Que veux-tu ? Que désires-tu ? Richesse ou beauté ? Fais un souhait et nous te donnerons ce que tu auras voulu."

"Parlez-vous sérieusement ?" s'interrogea Bénéad. "Que nous soyons condamnés à ramasser grain par grain tout le mil de l'évéché si nous te trompons" reprirent-ils.

La seule chose que désirait notre homme, c'était de voir disparaitre sa bosse, aussi fit-il sa demande : "Faites mon dos aussi droit que le bâton de la bannière de Locqueltas"

Les korils se mirent à danser en évoquant une langue vieille comme la terre.. firent tourner le pauvre homme dans tous les sens puis la ronde cessa d'un coup, laissant Bénéad étourdi, mais sans bosse ! Il était rajeuni, agrandi, embelli !

Tout le monde au pays voulu savoir comment telle chose pu arriver. Mais l'homme conta s'être endorrmi dans lande et s'être réveillé ainsi. Il ne voulait pas que chaque fois qu'un boeuf ou une chèvre disparaissait on lui confia la mission de les récupérer chez les korils.

Certains crédules et souffrant du même mal, partir s'allonger dans la lande sans que rien n'y fasse. D'autres comprirent que Guilcher gardait là un secret. Parmi ceux-là, il y avait un tailleur aux cheveux rouges et aux yeux de travers que l'on appelait Perr Balibouzik parcqu'il bredouillait en parlant.

Cet homme-là n'était pas gai. Il ne souriait jamais et son avarice coûtait aux jounaliers le peu qu'ils possédaient tant les intérêts sur ses prêts étaient élevés. Et justement, Guilcher lui devait depuis trop longtemps cinq écus. Aussi, le tailleur proposa un marché : "Conte moi en détail à qui tu dois ta beauté retrouvée, et je te ferai grâce de ta dette." Bénéad ne pouvait faire autrement. Il raconta à l'oreille attentive de l'avare sa rencontre avec les korils. Une fois porteur du secret, le tailleur rompit sa promesse et donna huit jours à Guilcher pour s'acquiter des cinq écus.

Le soir même, Balibouzic se rendit dans la lande de Motten Dervenn. A peine arrivé, il fut aussitôt cerné par les êtres noirs. "Veux-tu danser ?" s'écrièrent les nains. Perr y consent et la ronde commença. "Lundi, mardi, mercredi... Jeudi, vendredi, samedi !"

Mais au bout de quelques pas, les petits être demandèrent : "Ajoute ! Ajoute !" Aussi, le tailleur s'engagea timidement : "Di..di..dimanche aussi !"

Les korils sautèrent de joie ! Mais avide de savoir, ils criaient : "Après ! Après !" Mais Perr ne reprit que par : "Di...dimanche aussi !" Le cercle des korils se rompit et ils se mirent à aller et venir en pagaille.. L'homme resta sur place, épouvanté. Les korils lui demandèrent alors : "Fais un souhait ! Fais un souhait ! Richesse ou beauté ?" Le bougre répondit : "Je prends ce que Guilcher a laissé." Ils  firent tournoyer le vil Perr en tous sens. Et au moment de reprendre ses esprits, Perr Balibouzik se retrouva riche.. d'une bosse !

Fou de rage, celui qui fut appelé désormais Tortik-Balibouzik, réclama son dû expressément au pauvre Bénéad. "Malheur ! Malheur ! Nos biens seront en foire" cria sa femme ! Bénéad, fut rongé de culpabilité, lui qui avait préféré sa beauté au péril de sa famille qui allait se retrouver sous peu à la rue... Il fallait agir !

Et le même soir, notre homme reprit la route de Motten Dervenn. Les korils le reçurent avec joie et clameur. Bénéad se jetta à corps perdu dans la ronde et entonnait avec eux le refrain : "Lundi, mardi, mercredi... jeudi, vendredi, samedi, dimanche aussi.."

"Ajoute ! Ajoute !" réclamaient les nains. Mieux inspiré que le tailleur, Bénéad ajouta "Et voilà la semaine finie !" Mille cris s'élevèrent de la lande, en un instant, la lande fut couverte de korrigans qui sortaient de chaque souche, de derrière chaque pierre. Tous accouraient de partout.

Ils gambadaient en criant :"Guilcherik, notre sauveur, a rempli l'arrêt du Seigneur !" Que cela pouvait-il signifier ? songea Bénéad. "Dieu nous avait condamnés à rester parmi les hommes et à danser toutes les nuits jusqu'à ce que notre refrain soit complet. Tu l'avais bien allongé et nous espérions que Balibouzic le finisse. Mais il s'est arrêté avant de l'achever, aussi nous l'avons puni. Notre temps d'épreuve est maintenant fini et nous retournons dans notre royaume qui s'étend sous la terre, plus bas que mers et rivières !"

"Que veux-tu ? Que veux-tu ?" demandèrent les gnômes. Modeste, Bénéad répondit  avec modestie : "Cinq écus pour ma dette."

"Prends nos sacs, prends nos sacs !" hurlèrent les korils. Et ils jetèrent aux pieds de l'homme les petites poches de toile qu'ils portaient en bandoulière. Celui-ci ramassa le plus de sacs qu'il put, remercia les êtres noirs et reprit en courant le chemin du village.

Rendu dans sa demeure, Bénéad s'écria : "Allumez la résine ! Fermez la claie ! Qu'aucun voisin ne puisse voir ! J'apporte de quoi acheter trois paroisses, ses juges et ses recteurs !"

Il ouvrit les sacs, et stupeur, ceux-là ne renfermaient que sable, petites pierres et feuilles mortes !

"Malheur ! Malheur !" s'écria sa femme. "Il ne vient rien de bien de qui ne vaut rien ! Et vous avez touché ces poches maudites !" Elle courut aussitôt dans sa chambre, décrocha le petit bénitier et aspergea les sacs comme pour chasser le mauvais oeil.

A peine l'eau bénite toucha les sacs, que le sable devint or fin, les pierres des colliers de perles et les feuilles des pièces d'or ! L'enchantement des korrigans servait à protéger leur trésor de l'avidité des hommes.

Guilcher depuis vit aisément et il n'y eut plus de pauvre au village grâce à sa générosité. Seul Tortik-Balibouzic demeura bossu et ruiné, car lorsque Guilcher voulut lui rendre les cinq écus, ceux-là redevenaient feuilles mortes... Et malgré la volonté de Bénéad, même collier de perles retournaient petites pierres, et or fin du sable... Le tailleur était maudit !

 

Aussi, gentilshommes et gentesdames, prenez garde dans la lande si vous croisez d'autres peuplades de korrigans condamnés, la richesse de vos actes vous sauvera, mais la cupidité et l'avarice vous coûtera !

FIN.

Jeu

En marchant dans la lande, j'ai eu cette chance d'apercevoir en plein jour plusieurs korrigans, qu'ils soient teuz, poul-pikans ou kornikaned qui allaient se réunir près de la "pierre à sacrifice" de Grand-Champ ! Clique sur la photo et observe bien  ! Essaie de tous les retrouver  !

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