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Les manoirs et châteaux

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Le manoir de Kergal (XVe)

Propriété privée (visible de la route. Merci de respecter l'espace privatif)

Bâti à une petite distance du Pont-er-Gal, ce manoir en a peut-être tiré son nom. Au Pont-er-Gal aboutissait un embranchement du fameux Hent Conan.

Divers aveux du XVIIe signalent « la maison et manoir de Quergal avec ses jardins, vergers, bois de futaye, taillis, pourprix et ses dépendances... » Nulle part il n’est question de l’étang. Il se trouvait à l’ouest du manoir, dans une pièce de terre nommée « er visclen ». La tradition le dit, l’étymologie de visclenle prouve, l’inspection des lieux le confirme.

Kergal appartenait vraisemblablement, en 1400, à Pierre de Lantivy, sieur de Talhouët ; en 1482, d’après certains textes, à Olivier d’Arradon. L’ensemble de l’édifice ne saurait donc être attribué à Pierre Danielo.

L’examen de la façade concorde avec les données de l’histoire. Une moitié de l’édifice paraît appartenir entre fin XVIe et début XVIIe et l’autre moitié à la Renaissance.

Dans la partie ancienne, les fenêtres ont la forme carrée longue. Toutes devaient être, dans le principe, divisées par des croix de pierre ; quelques unes le sont encore. Les fenêtres des combles sont surmontées de frontons triangulaires ornés de crochets, avec animaux sculptés à la base. L’un des frontons se termine par une statuette. Au centre de ce fronton, apparait une petite accolade garnie de crosses et renfermant des armes.

Une tour qui renferme l’escalier se trouve du côté opposé à la façade principale. Rien d’ailleurs qui ressemble à une forteresse, à l’exception des solides grillages qui abritent les fenêtres du rez-de-chaussée.

Lorsque Pierre Danielo résolut d’agrandir le manoir, il ne manqua pas de suivre le genre d’architecture usité en son temps. Les fenêtres du rez-de-chaussée et des chambres conservent la forme carrée longue et des grillages protègent celles du bas ; mais des pilastres décorent celles des chambres et un fronton circulaire muni de crochets couronne la lucarne.

Celle-ci est à plein cintre et ornée de pilastres qui supportent leur entablement.

 

Ce dernier trait annonce une époque postérieure à François Ier. Cette partie aurait donc été exécutée entre 1548, date de l’avènement de Henri II, et 1557 date de la mort de Pierre Danielo.

La tour constituait encore à cette époque, pour toute maison seigneuriale, l’appendice indispensable. Aussi, l’abbé de Lanvaux n’eut garde de l’oublier. Il en érigea même deux, l’une à pans coupés et l’autre de forme cylindrique dont il flanqua les angles du nouvel édifice à l’est. La première est toujours intacte, la seconde a été abattue, après avoir perdu sa toiture en plomb, que les Chouans, parai-il, employèrent à faire des balles.

Dans chacune des tours fut placé un escalier en pierre pour le service des appartements. Au total, ce manoir est encore un bijou d’architecture, malgré les dégradations inhérentes à l’état d’abandon dans lequel il fut laissé (à l’époque contemporaine de l’abbé Guilloux, soit fin XIXe, début XXe)

 

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Le château de la Grandville (XVe et XVIe)

Propriété privée

La Grand’Ville ou Grandville, en breton, équivaut à Ker Meur. Les deux mots ont exactement la même signification. Même si aujourd’hui, l’usage du nom celtique n’est plus, au XVème siècle, celui-ci était aussi courant que son équivalent français.

A l’appui de cette assertion, citons un exemple : « Jean de la Grandville, chanoine de Vannes, recteur de Radenac de 1494 à 1506, se nommait aussi Jean de Kermeur. »

Toutes les anciennes seigneuries de la localité portaient des noms bretons. Pourquoi celle-ci ferait-elle exception à la règle générale ?

L’Abbé Guilloux écrit dans son ouvrage (1) : « il eût été désirable de posséder une description détaillée de notre manoir. Pour tout renseignement, on est réduit à un maigre procès-verbal de 1822 : « Maison ayant cour au midi et jardin au nord et levant, enclos au couchant planté de hêtres, sapins et chênes… le tout cerné de murs… » Et encore omet-il de mentionner un mur intérieur qui entourait d’assez près la maison même.

Ces deux murs constituaient les anciennes fortifications de la Granville ; il n’en reste plus que quelques vestiges. Quant au manoir, il a subi de nombreuses réparations, sans rien perdre de son air antique. Il se compose de deux corps de logis, formant la moitié d’un carré ; à l’angle se dresse une tour octogone qui renferme un escalier. Les fenêtres ont pour la plupart la forme rectangulaire. Certaines d’entre elles sont encore partagées par des traverses en pierre.

Une fenêtre des combles, avec son fronton triangulaire garni de figures et de crochets, rappelle celles de Kergal. Les portes s’ouvrent sous des arcades au cintre surbaissé. Ces arcades sont à plusieurs retraites et surmontées d’accolades avec chou et crosses. Le même ornement se remarque à quelques fenêtres.

Ces accolades et ces feuillages frisés annoncent un ouvrage de la fin du XVème siècle.  C’est l’avis de l’architecte Douillard ; c’est enfin l’avis de l’histoire qui ne signale aucun seigneur avant cette époque.

Trois illustres familles ont successivement occupé le manoir de la Granville : celles des Guého, des d’Arradon et des Bidé.

Les Guého, seigneurs de la Grandville

La première famille connue pour habiter le manoir fut les Guého. Le premier de cette famille fut Amaury Guého, seigneur de Grandville en 1480 (L’Abbé Guilloux précise connaître des Guého antérieurs à cette date, mais sans pouvoir affirmer qu’ils furent aussi seigneurs de Grandville)

Les d’Arradon, seigneurs de la Grandville

La maison d’Arradon, déjà puissante par ses propres ressources, sut encore accroître son patrimoine par les alliances les plus avantageuses. C’est ainsi que René d’Arradon se trouvait possesseur des terres de Quinipily, du Plessix, de Camors… avant que l’héritière des Guého vînt y ajouter la Grandville. Claude donna le jour à cinq fils, tous intrépides ligueurs connus dans l’histoire sous le nom de ces différentes seigneuries.Des cinq frères, deux moururent pendant la Ligue : les seigneurs du Plessix et de la Grandville.Georges d’Arradon, seigneur du Plessix en Caudan, naquit en 1562. S’il ne servit pas la Ligue à la tête des armées, il ne l’oublia pas au parlement de Bretagne où il était conseiller. Le chapitre de Vannes le choisit pour évêque en 1590. Sacré en 1592, Georges d’Arradon prit possession de son siège en 1593 et mourut en 1596.

Le château de la Grandville est une propriété privée. L’accès au parc est ouvert en juillet et août à des heures et des jours précis : merci de vous informer auprès de l’office de tourisme au 02 97 66 45 75 ou tourisme@landes-de-lanvaux.com

On raconte que Bertrand Du Guesclin aurait passé la nuit du 28 septembre 1364 au château, à la  veille de la Bataille d’Auray.

 

 

 

 

 

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L'Abbaye de Lanvaux (XVIIIe)

Propriété privée. Actuellement, les propriétaires proposent des prestations de meublés (Gîtes de France) et parfois même des animations au sein de la maison abbatiale (soirée contée, expositions, visites) Merci de se renseigner à l'office.

Ce monastère fut fondé en 1138 par Allain, seigneur de Lanvaux, à une petite distance de son château. C’était un riche et puissant seigneur ; il avait son manoir bâti sur une motte féodale, entre l’étang de la Forêt et le parc de Lanvaux (aujourd’hui forêt domaniale de Lanvaux) Il parait aussi avoir possédé, à deux kilomètres de là, vers l’ouest, une autre motte féodale, entre les villages de Bieuzy et de Benalec. Leurs dimensions considérables donnent encore aujourd’hui une grande idée de la puissance du propriétaire.

A partir de cet établissement monastique, commencent les défrichements et la mise en valeur des landes et bois qui couvrent le territoire (cf. carte : le bois des moines)

Il subsiste quelques vestiges de cette époque, et surtout la maison abbatiale reconstruite au XVIIIe siècle.

La fontaine Saint Nicolas à proximité fut très endommagée par la tempête de 1987.

La forêt de Lanvaux est entretenue depuis l’arrivée des moines. Les arpenteurs royaux la visitent en 1726 et en dressent un plan (Archives Nationales)

Prévue pour une dizaine de moines, l’abbaye n’en compta guère que cinq à six jusqu’à la Révolution. Elle eu, en effet, une existence difficile et fut même désertée par ses religieux au temps de la Ligue. C’est à grand peine qu’on parvint à y introduire la Réforme au milieu du XVIIe.

Comme la plupart des monastères, elle était bâtie autour d’un cloître dont la galerie, au XVIIe, était supportée par des colonnes de bois tournées. Au nord, l’église primitive fut d’abord romane, puis, au fil des siècles, reconstruite partie après partie. Le chœur fut repris à la fin du XVe siècle, et peu à peu meublé de belles stalles dont les sculptures s’inspiraient du fabliaudu Renard et des poules.

Vers 1628, il fut doté d’un « retable à quatre colonnes, corniches et architraves et tableau au milieu ».

L’état du reste de l’église ne cessait de s’aggraver : « nef caduque et ruineuse », « longère nord tout surplombée et crevassée », chapelles latérales, basses, obscures, humides, inutilisables. L’aile nord s’écroula en 1661 et l’autre menaçait de ruine.

Grâce à une coupe de bois dans la forêt, les travaux de restauration purent être entrepris à partir de 167. On « pointillonna » la couverture de la nef, depuis le pignon jusqu’aux piliers de la croisée et l’on reprit, en sous-œuvre, les murs percés de six fenêtres et d’une porte donnant sur le cloître.

Vingt ans après, les ailes du transept furent reconstruites à leur tour, de sorte qu’il ne restait plus grand-chose de l’édifice primitif.

Les bâtiments claustraux n’eurent pas moins à souffrir. En 1614, ils étaient « sans fenêtre, ouverts à tous venants, sans être à couvert des injures du temps » A diverses reprises, les abbés les restaurèrent ou les rebâtirent, mais toujours parcimonieusement. Le logis abbatial qui se trouvait, à l’origine, dans l’aile orientale du monastère, fut transféré, en 1671, à l’extérieur de la clôture, mais, mal construit, on dut le refaire en 1756.

La Révolution expulsa les moines et vendit le domaine. Il servit d’abord à une verrerie puis à une fonderie. Peu à peu, les bâtiments y compris l’église, tombèrent en ruines et ils sont aujourd’hui à peu près complètement rasés (il subsiste un pan de l’église)

Partagées entre les paroisses de Grand-Champ et de Brandivy, les fameuses stalles ont abouti finalement aux châteaux du Rest et de la Grandville d’où elles ont disparu sans laisser de trace. Seul souvenir de l’antique abbaye, la demeure de l’abbé reconstruite au XVIIIe.

 

Motte féodale de Lanvaux (XIe et XIIe)

L'ancien Château Fort de Lanvaux (XIème siècle), surnommé aussi "château de la Forêt", fut propriété de la famille Lanvaux jusqu'en 1238, date à laquelle il fut réuni au duché de Bretagne.

Détruit au XIIIe siècle après la révolte d' Olivier de Lanvaux contre le duc Jean Ier (1237 ou 1247) . Reconstruit après 1485 par Louis, duc de Rohan. Détruit après les guerres de la Ligue (fin XVIe ou début XVIIe siècle) . Subsistent la motte, les fossés (nord et ouest) , quelques substructions à l' Est.

Le 21 avril 1792, les restes du château, en ruine, sont vendus nationalement pour 9 089 livres à Charles Villemain, négociant à Lorient. Le tout est revendu le 15 juillet 1834 au roi Louis-Philippe, puis racheté, le 18 décembre 1852, par M. de Virel. Un arrêt du tribunal de Vannes, en date du 28 juillet 1864, l'adjuge à la commune de Brandivy.

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